"VIA FERRATA" 2011

Parc Technologique de La Pardieu

Clermont Ferrand

catalogue expo

édition Octobre Novembre

Le cadre,la fourche,les pointes,les palmes,entrelacements et courbes.Noir du métal qui se découpe sur un ciel blanc.

Les sculptures monumentales de Yves Guérin jouissent de l'espace

pas tant par leurs formes et volumes que par le déploiment de temps qu'elles suggèrent.

Si le métal du fer forgé s'impose d'emblée comme masse,force ,

gigantisme,les fentes et les aplatissements traduisent l'aveu indicible d'une présence humaine et de là d'une temporalité,vibrante,musicale.

La pratique de l'art ne change en rien le poids et la densité des rails de chemin de fer mais nous les donne à voir chargés de vie,danseurs et célestes.Il me semble que le sculpteur ne crée ni pour imiter,ni pour transmuer le réel,mais par l'intime conviction que c'est le réel qui ,dans une impérieuse expectative,nécessite de l'art.

Au pied de la Descente de Croix,en caressant la Danse de Salomé,j'ai attendu,interrogé les mouvements et leur sens.

Par une intimité humble et salvatrice,l'interprétation des thèmes sacrés que Guérin ressasse m'est apparue évidente.

Le sculpteur s'inscrit dans l'histoire de l'art non pas en faisant de la création une assise de la religion mais en nous rappelant qu'être sensible à la matière,à la peau des choses,est un acte sacré.Que le sensible manifesté,exprimé est déjà un lieu de culte et qu'alors,comme le formule l'artiste,"sculpter ( devient) plus que prier".

Jean-Luc Chalumeau intitule son essai "Yves Guérin ou la sculpture métaphysique"(Yves Guérin,l'oeuvre sculptée,édition Octobre Novembre),empruntant à la philosophie et à l'histoire de l'art ses références,il a su mettre en exergue la volonté de l'artiste,mais aussi par son oeil à lui,critique d'art autant que penseur contemporain,il nous livre humblement ce que l'oeuvre de Guérin lui a permis de voir.

Elsa Guérin.catalogue "VIA FERRATA"